Le gouvernement noircit le tableau
C’était le 16 octobre, sur France 2. Rachida Dati est face à Arlette Chabot : « Des mineurs délinquants, lâche la garde des Sceaux, c’est des violeurs, des gens qui commettent des enlèvements, des trafics de produits stupéfiants, qui brûlent des bus dans lesquels il y a des personnes… » Des propos affolants. Loin de la réalité des chiffres. Dans un article publié sur le site Internet Claris (claris. org), le sociologue Laurent Muchielli démonte, point par point, ce discours volontairement alarmiste.
* 1 « Il y a de plus en plus de mineurs délinquants. » Faux. Après avoir fortement augmenté entre 1994 et 1998, la part des mineurs dans l’ensemble des personnes mises en cause par la police et la gendarmerie n’a cessé de baisser depuis dix ans, passant de 22 % en 1998 à 18 % en 2007.
* 2 « Les délinquants sont de plus en plus jeunes. » Faux. L’étude des statistiques des condamnations depuis 1989 montre que la répartition par âge est tout à fait stable. Avec 2 022 personnes condamnées en 2006 sur un ensemble de 614 231, la part des enfants de moins de 13 ans représente seulement 0,3 % de l’ensemble.
* 3 « Il y a 204 000 mineurs qui sont mis en cause pour des actes graves. » Faux. L’ensemble des faits susceptibles d’être qualifiés de criminels (à savoir les homicides, les viols, les vols à main armée, les prises d’otages et séquestrations, les trafics de drogue) ne représentent que 1,3 % de ces 204 000 infractions reprochées aux mineurs. 98,7 % de cette délinquance n’est donc pas constituée d’actes graves, mais de vols, dégradations, bagarres ou simples usages de drogue.
L. M.
Jasmine